Retours d'expérience RH  Publié le 03/08/2020

Gestion du stress : quelles actions pour accompagner les salariés après la crise sanitaire ?

Huit semaines après sa mise en place, le confinement a pris fin le 11 mai en France. Un soulagement pour beaucoup d’entreprises et leurs salariés. En effet, 44% des Français étaient en détresse psychologique durant cette période ! Aujourd’hui, les médecins redoutent une multiplication de troubles anxieux, dépressifs et de stress post-traumatiques. Les turbulences économiques et sociales, la mise en place permanente du télétravail ou encore la peur d’une seconde vague renforcent indéniablement ce climat anxiogène. Comment accompagner au mieux les salariés dans cette transition ? Quelles actions proposer au sein de l’entreprise pour prévenir le stress ?

Post-covid : un choc post-traumatique pour les salariés ?


Une étude menée par le Centre de recherches politiques de Sciences Po a constaté une augmentation de 9% de la consommation de médicaments pour lutter contre le stress, l’anxiété ou les insomnies après une semaine de confinement. Qu’en est-il en période de déconfinement ? Apparemment, lorsque sa durée est supérieure à une dizaine de jours, le confinement génère, de fait, un syndrome post-traumatique, selon une étude publiée dans The Lancet.

Le retour au bureau peut également être une source d’anxiété pour les salariés à plusieurs égards :

  • ils doivent retrouver une organisation à laquelle ils ne sont plus habitués ou s’adapter à de nouvelles règles parfois déroutantes (distanciation, roulement des plannings, etc.) ;
  • leur stress est également lié à la santé : la peur de la contamination ou de contaminer les autres ;
  • de même, l’angoisse de perdre son emploi plane à mesure que l’activité reprend dans un contexte économique très incertain : 52% des salariés sont soucieux par rapport à la situation économique de leur entreprise et craignent un licenciement (1).

Il faut aussi noter que les risques psychosociaux ont été accentués par l’isolement induit par le télétravail forcé et à 100%. 45 % des télétravailleurs notent un manque d’échanges et d’informations avec leurs collègues. Or, c’est un des effets collatéraux qui pèse le plus sur le moral des salariés, malgré la création de rituels virtuels : visioconférences, “chats” sur messageries instantanées, etc. Conséquence ? 44 % disent ressentir des douleurs physiques inhabituelles (mal de dos, nuques, poignets, yeux…) et 35 % une anxiété inhabituelle.

Retour au bureau : Trois actions pour accompagner la gestion du stress


1) Plus de transparence quant à la situation de l’entreprise

Les équipes RH doivent poursuivre les communications régulières qui ont été mises en place durant le confinement :

  • l’implication de la direction de l’entreprise pour donner le cap, rassurer et accompagner les salariés ;
  • une grande disponibilité des RH pour répondre aux questions, peurs et appréhensions des collaborateurs, notamment en relayant les textes de l’État, bilan économique, communiqués officiels, etc. ;
  • de la transparence : en cas de mauvaise situation économique, de risque de licenciement ou difficultés à surmonter, il est essentiel de le partager avec les salariés afin d’anticiper au maximum les situations sociales compliquées : licenciement, fin de CDD, non renouvellement de période d’essai, etc.

Par ailleurs, l’Organisation internationale du Travail recommande une collaboration renforcée entre employeurs et salariés. Elle invite les entreprises à faire participer les collaborateurs aux décisions concernant leur sécurité et leur avenir, dans une dynamique de co-construction. D’ailleurs, 77% des Français aimeraient être davantage associés aux prises de décisions réalisées par les directions de leur entreprise. C’est donc le moment de s’y mettre !

2) Un dispositif de prévention des RPS (risques psychosociaux)

De l’écoute active

Le retour est compliqué pour beaucoup tant les repères ont disparu au profit de nouvelles habitudes organisationnelles. De plus, un télétravail continu et, parfois, mal géré, peut rapidement dégénérer en burn out, en troubles psychiques ou physiques. Il faut encourager les salariés à exprimer leur ressenti sans peur. C’est pourquoi la mise à disposition d’une ligne téléphonique interne ou gérée par un prestataire spécialisé tel que Stimulus ou Qualisocial est primordiale dans la prévention du stress.

L’écoute passe également par la proximité managériale. Pour cela, la formation et la sensibilisation autour des RPS, mais aussi des thèmes tels que l’écoute active, l’empathie ou la communication non violente sont des pistes pertinentes.

Des actions en faveur du bien-être

Pour accompagner les salariés dans une meilleure gestion de leur stress, des programmes autour de la qualité de vie au travail s’avèrent très utiles. Via des formations ou des séances dédiées au bien-être et à la santé, les salariés prennent conscience qu’ils peuvent agir sur leur santé. Durant le confinement, beaucoup d’entreprises ont donc opté pour des sessions d’activité physique ou de relaxation collective : sophrologie, méditation, yoga, gestion émotionnelle, etc. Selon David Chérubin, enseignant au sein de l’École nationale de kinésithérapie et de rééducation, « les effets positifs (2) sont avérés, notamment sur la baisse des arrêts de travail ». La période invite à poursuivre ces initiatives santé.

3) La cohésion sociale comme priorité :

Le renforcement du lien social est le sujet clé du déconfinement après deux mois de distanciation imposée. L’équation n’est pas simple face aux divers paramètres sanitaires : distanciation, télétravail, planning d’équipe différé, etc. Or, l’un des principaux facteurs de cohésion au sein d’un groupe est le sens de la propinquité, à savoir la tendance naturelle à développer des liens interpersonnels étroits avec les individus qui nous sont les plus proches.

Comment créer ou recréer cette proximité entre les collaborateurs ?

  • Instaurer des rendez-vous d’équipe fréquents : la création des liens dépend de la fréquence des interactions. Les points quotidiens, même s’ils sont très courts, informels ou virtuels, sont donc primordiaux.

  • Inventer un nouvel espace de travail : le fait de partager un même espace augmente la probabilité que des liens se créent. Les mesures de distanciation physique sur le lieu de travail peuvent être l’occasion de revoir sa configuration ! Pourquoi ne pas inclure des zones permettant de se retrouver et de collaborer plus facilement afin de profiter au maximum des moments collectifs au bureau ?

  • Encourager les “espaces de partage” non professionnels : les affinités sont essentielles dans la cohésion d’équipe. Favorisez la création de ces liens en proposant des groupes internes, même virtuels, autour de passions communes. Pendant le confinement, les collaborateurs se sont naturellement “regroupés” sur les outils digitaux autour de leurs thèmes de prédilection : séries, recettes ou sport. Ces pratiques sont à institutionnaliser car elles consolident durablement la dynamique d’équipe et le bien-être collectif.

Auteur : Laure Girardot

Sources :
(1) Enquête YouGov pour le site d’emploi Monster, 2020
(2) Interview My Happy Job, mai 2018



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