Retours d'expérience RH  Publié le 28/07/2021

QVT : Les bienveilleurs, quelle utilité pour les PME ?

Les périodes de confinement ont été éprouvantes pour de nombreux salariés : 44 % d’entre eux étaient en détresse psychologique en juin 2021. Le retour au bureau l’est tout autant. Pour accompagner leurs équipes, les employeurs ont renforcé les actions de prévention. Une des initiatives qui se développe au sein des organisations est le réseau interne de « bienveilleurs ». Des collaborateurs qui veillent, sur le terrain, au bien-être de leurs pairs. Quelles sont leurs missions ? En quoi est-ce utile pour les PME ? Décryptage.


Les bienveilleurs : quels sont leurs rôles au sein des organisations ?


Depuis plusieurs années, les chercheurs du Compassion Lab (université du Michigan) ont mené des recherches sur les vertus d’agir avec empathie envers ses pairs. Leurs études ont permis de mettre en évidence que les organisations devraient s’appuyer sur un type de salariés bienveillants : les « toxic handlers ». De nombreux grands groupes ont donc développé leur réseau interne en ce sens : chez Alstom, on les nomme les « sentinelles » et chez Casino, ce sont les « bienveilleurs ». Nés à Montréal, ces groupes se composent de salariés volontaires qui sont à même de détecter les situations à risque et de remonter les alertes en lien avec les RPS (risques psychosociaux). Ils tiennent donc un rôle de proximité mais aussi de prévention. Ces « personnes de confiance » sont même devenues obligatoires dans les entreprises belges depuis 2014 !

Attention

Leur mission n’est pas de résoudre un problème mental ou psychologique mais bien de le détecter et de savoir rediriger les salariés vers les professionnels de santé adéquats.



Comment animer votre réseau de bienveilleurs ?


Il est clé de choisir des personnes volontaires et capables de tenir ce rôle pivot de la prévention santé. Leur profil ? Elles doivent être empathiques afin de repérer un collègue en difficulté. L’écoute s’avère aussi une compétence clé car leur objectif est bien d’être attentif à l’autre afin de trouver des solutions auprès des bonnes personnes : le médecin du travail, la cellule ou la ligne d’écoute, les RH… Pour cela, les salariés bienveilleurs reçoivent généralement une formation dispensée par un intervenant expert en santé mentale et RPS. Mais pour être efficace, le réseau ne peut vivre de lui-même, il est important de l’animer et de le faire vivre.

Exemple

Les cabinets qui forment les bienveilleurs peuvent mettre à disposition un numéro vert et des cellules d’écoute tenus par des psychologues. L’objectif ? Soutenir et accompagner les bienveilleurs eux-mêmes pour partager les situations vécues et recevoir un avis médical.

Des réunions de suivi et de partage doivent être organisées pour s’assurer de la montée en compétences et, surtout, pour partager de bonnes pratiques.

Puis, il faut continuer à nourrir les bienveilleurs avec des formations et des sessions de sensibilisation régulières afin qu’ils s’adaptent aux différents cas de figure (burn-out, stress, risque d’isolement…).



Les bienveilleurs en PME : quels sont les avantages ?


Le réseau de bienveilleurs permet d’associer entraide et sens au sein de l’entreprise ! Une aspiration grandissante des salariés. Avant la crise covid-19, 13% des salariés avaient le sentiment d’occuper un emploi inutile. Depuis, ils sont 29% à le penser (enquête Randstad, mai 2020). Idem pour l’entraide : un sondage de l’institut ViaVoice indique que 73 % des salariés seraient prêts à donner de leur temps pour développer des actions de convivialité et de bienveillance au sein de leur entreprise.

Notez-le

En configuration de travail hybride, les bienveilleurs représentent un pont utile sur le terrain entre salariés, direction et médecine du travail. En effet, il est plus simple pour un collaborateur de contacter un référent interne que la médecine du travail. Moins accessible en PME, celle-ci est souvent située à l’extérieur car regroupée avec d’autres entreprises.


De même, ce dispositif libère la parole au sein de l’entreprise, particulièrement dans un contexte de travail bouleversée par la pandémie. Les salariés partagent plus facilement leurs ressentis et difficultés avec leurs pairs qu’avec leur manager. D’ailleurs, c’est aussi un appui pour la ligne managériale : elle peut facilement passer le relais et signaler aux bienveilleurs des situations sensibles. C’est donc tout un système de prévention qui s’organise autour des besoins des collaborateurs.

Pour finir, alors que 24 % des hommes et 37 % des femmes déclarent présenter des souffrances psychiques au travail (1) et que près d’un quart des Français (23 %) déclare avoir été exposé à un risque de burn-out pendant le confinement (2), la prévention primaire des RPS devient centrale. Les bienveilleurs se positionnent aujourd’hui comme un maillon clé de la gestion globale de la santé au travail. Une urgence dans le milieu professionnel alors que la France est au 3e rang mondial des pays avec le plus grand nombre de dépressions liées au travail (3).


Auteur : Laure Girardot


Sources :

(1) Enquête de l’Institut de veille sanitaire, Ministère de la santé et des sports, 2019
(2) Confinement et burnout, Enquête Linkedin et CSA, mai 2020
(3) Chiffres de l’OMS


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