Retours d'expérience RH  Publié le 05/02/2020

Pourquoi développer les soft skills de vos collaborateurs ?

Les soft skills désignent les compétences humaines ou « savoirs comportementaux » : l’adaptabilité, l’esprit d’équipe, la rigueur, l’empathie, ou encore la curiosité. L’OCDE parle de quatre compétences clés, les « 4C » : la créativité, la coopération, la communication et l’esprit critique. Elles complètent les compétences dites techniques, les hard skills, à savoir l’ensemble des connaissances plus spécialisées pour réaliser son activité ou une tâche.

D’après une enquête menée par Robert Half, 52 % des DRH accordent autant d’importance, voire davantage, aux soft skills qu’aux hard skills. Et selon 89,5 % (1) des recruteurs, les compétences comportementales continueront à prendre de l’importance.

Marché du travail de plus en plus incertain, digitalisation, pénurie de talents… investir dans le développement des soft skills semble indispensable aujourd’hui.

S’adapter à un environnement de travail plus complexe


La digitalisation bouscule l’organisation classique du travail : moins de silos, assouplissement de la gestion pyramidale des équipes, plus de transversalité et d’agilité. Conséquence : au sein des entreprises, tout s’accélère ! Pour accompagner ces changements, les entreprises ont donc besoin de personnes dotées de compétences comportementales telles que l’adaptabilité.

Le rapport Villani (2) en atteste : dans les années à venir, il faudra, en plus des compétences numériques et cognitives, prendre en compte des compétences transversales (curiosité, esprit critique, écoute, etc.). Le 24 mai 2018 à Viva Technology, le cabinet McKinsey a présenté les résultats d’un rapport (3) sur le futur du travail : selon Eric Hazan, directeur associé du cabinet, « on aura encore plus besoin des compétences conceptuelles et interpersonnelles pour comprendre la technologie et la mettre au service de l’humain ».

Accompagner les salariés face à l’intelligence artificielle


En Europe, plus de 47 % des métiers actuels sont menacés d’automatisation et 60 % des emplois de 2030 n’existeraient pas encore (4). Ainsi, 75 à 375 millions de travailleurs pourront être amenés à changer de domaine (5). En cause ? L’intelligence artificielle, entre autres.

« Contrairement aux révolutions technologiques précédentes, des métiers très qualifiés vont être concernés » indique Salima Benhamou (6) (France Stratégie). En effet, aujourd’hui, une compétence technique dure 2 ans en moyenne (versus 30 ans il y a 15 ans). Dans quelques années, sa durée de vie moyenne atteindrait 12 mois (7)… Ainsi, face à l’obsolescence des compétences techniques, développer les soft skills des salariés devient un levier indispensable pour se démarquer et rester compétitif.

Fidéliser les salariés en misant sur leur potentiel


D’ici à 2030, la France pourrait manquer de 1,5 million de salariés (8). L’enjeu n’est pas uniquement d’attirer de nouveaux collaborateurs, mais de mieux les fidéliser. En effet, pour Pascal Gibert, directeur général de Korn Ferry France, « Avoir les bonnes personnes aux bons endroits et aux bons moments est le principal avantage compétitif ».

Les leviers ? Miser sur le potentiel des salariés en investissant sur les compétences personnelles. Concrètement, il s’agit de leur proposer des formations qui boostent leur développement personnel : communication, gestion des émotions, créativité, etc. Ces investissements sont une véritable forme de reconnaissance aux effets très positifs : des salariés reconnus seraient 50 % plus productifs et loyaux, selon l’Anact !

Lutter contre la pénurie de jeunes talents


6 PME sur 10 (9) déclarent manquer de talents pour accompagner leur croissance. Attirer les talents n’est pas simple, particulièrement les millennials. En effet, la jeune génération (50 % de la population active en 2020), plus exigeante, a de nouvelles attentes professionnelles : transparence, flexibilité, autonomie, etc. Conscients de la complexité du marché du travail, les jeunes talents ne rêvent plus (uniquement) du « sacro-saint » CDI. Ils souhaitent davantage multiplier les expériences professionnelles et développer leurs compétences personnelles. Le but ? Booster leur employabilité afin de dessiner leur propre carrière.

Pour les attirer, les entreprises doivent donc proposer des programmes de développement différenciants : coaching, formations certifiantes en leadership, projets d’intrapreneuriat et d’innovation, ateliers inspirationnels, mobilité interne, etc.

Auteur : Laure Girardot


Sources :
(1) Étude Monster.fr sur l’importance des soft skills, 2018
(2) Rapport Cédric Villani sur l’intelligence artificielle (IA), rédigé par le mathématicien et député, 2018
(3) « The Future of Workplace »
(4) Selon une étude Bruegel, horizon 2030
(5) Rapport McKinsey Global Institute, “Jobs Lost, Jobs Gained”, 2017
(6) Article Les Echos START
(7) Institut pour le Futur, Philippe Burger, associé responsable, Deloitte Human Capital, 2017
(8) Cabinet Korn Ferry
(9) Enquête BPI




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